Programmes transdisciplinaires - témoignages

Et toi, que penses-tu des doubles diplômes ?


Jusqu’à ce jour, HEC compte trois doubles diplômes. L’un dans la filière Sciences de gestion et les deux autres en Ingénieur de gestion. Cette opportunité d’obtenir deux masters en trois ans est unique en Belgique. Voici trois interviews qui permettront de se faire une idée plus précise sur ce qu’est un double diplôme et comment cela se passe.
 

Le Master Droit-Gestion


Cette année, le master en Droit-Gestion qui réunit les deux facultés HEC et Droit de l’université de Liège fête son 7e anniversaire. Ce master a été un précurseur pour les deux autres qui le suivent, à savoir, le master en Digital Business et celui en Industrial & Business Engineering.

Julie Vanbouchaute, ancienne présidente de l’OIC Essentia et baptisée HEC est aujourd’hui diplômée du master Droit-Gestion. Elle a accepté de répondre à cette interview pour partager son expérience sur le double diplôme.

Pourquoi avoir choisi ce master plutôt qu’un autre, quelles étaient tes motivations ?

Au début, j’ai fortement hésité entre m’inscrire à la fac de droit ou celle de HEC. Je me suis finalement inscrite à HEC pour mon bachelier. Quand j’ai vu qu’un double diplôme Droit-Gestion était possible, il m’a semblé naturel de m’y inscrire.

Julie Vanbouchaute

Quels sont les cours que tu as préférés ?

Pendant le bachelier à HEC j’ai aimé tous les cours de management en général et aujourd’hui j’en ai fait mon métier puisque je suis responsable de plusieurs magasins de la chaîne Aldi. Pendant le master mon cours préféré était le cours de droit pénal. 

Un élément qui peut freiner certains étudiants vis-à-vis de ce double master est l’admission sur dossier qui se fait selon certains critères. Qu’en penses-tu ?

En effet, la sélection se fait sur dossier. Si je me rappelle bien, à l’époque, il y avait des critères sur le grade que l’on obtenait en fin de cycle et autres. Ce qui départageait surtout les étudiants, c’était leur lettre de motivation. En tout cas, l’admission sur dossier ne m’a pas freiné du tout. Au contraire, le master me semblait d’autant plus valorisant puisqu’il était plus sélectif. Au final cela me motivait encore plus.

Comment s’est passée l’organisation entre les deux facultés ?

Ma première année de master était aussi la première année de vie du master Droit-Gestion. Et malgré cela, l’organisation entre les deux facultés s’est déroulée sans problème.

T’es-tu sentie bien intégrée dans ta nouvelle fac ?

Oui, très bien. Nous étions bien encadrés et nous n’étions qu’un petit groupe d’une vingtaine de personnes. Au final nous étions un peu considérés comme des élèves particuliers. Tantôt nous étions juste entre nous, tantôt mélangés avec d’autres étudiants. C’est très intéressant de mélanger des élèves issus de la faculté d’HEC avec ceux de Droit et de les faire travailler ensemble car nous avons à la base une façon très différente de travailler.

Avais-tu des a priori sur ce double master ?

J’avais peur de me lancer dans un diplôme qui serait à 75% de gestion et à 25% de droit. Vu que je suis de la première promo, je ne savais pas à quoi m’attendre et j’avais peur que le diplôme soit mal perçu par les employeurs. En réalité, j’ai dû expliquer concrètement que j’avais bien deux masters entiers et une fois que l’employeur a compris, alors le master fut très bien perçu. Je pense que sept ans après, le master est bien mieux connu et les employeurs comprennent beaucoup plus facilement de quoi il s’agit.

Un conseil à donner pour les étudiants qui veulent se lancer dans ce master ?

Il faut être très motivé. Faire un double diplôme c’est se réengager pleinement dans un deuxième diplôme et renoncer à un horaire plus léger que l’on a dans un master simple. La dernière année de master par exemple, j’avais un programme de 70 crédits et des horaires très longs. Il faut aussi penser au fait que l’on aura des cours avec des personnes plus jeunes. Heureusement, le fait d’être soi-même plus vieux et plus mature aide à la réussite des cours. Il y a aussi beaucoup d’entraide.

 

Ce double diplôme donne accès à des métiers multiples et variés tels que business manager, analyste, avocat, tax consultant, auditeur, juriste, et bien d’autres.

 

Le Master Industrial & Business Engineering


Margot Malherbe

Margot Malherbe a fait le choix de s’investir dans le master alliant HEC à HELMO Gramme. Son but, être à la fois diplômée en tant qu’ingénieur de gestion et ingénieur industriel.

 

Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir ce master à finalité en Sciences et Technologies ?

A l’heure actuelle, c’est important d’avoir un bon bagage scolaire. Avec cette finalité, nous avons la belle opportunité d’obtenir un double diplôme, ce qui n’est pas négligeable. Néanmoins, ce qui m’a surtout poussée à choisir cette finalité est que l’on peut retrouver le coté plus technique de l’ingénierie, ce qui est pour moi, moins le cas dans les autres masters.


L’étape de la sélection a-t-elle été longue ? Etais-tu inquiète de ne pas être prise ?

L’étape de sélection n’est pas vraiment longue. Il y a des conditions à remplir : BAC obtenu en 4 ans max, 12/20 de moyenne globale pour les cours scientifiques et une lettre de motivation à rédiger. Le double diplôme a suscité beaucoup d’intérêt. Monsieur Deneye était très présent pour répondre à nos nombreuses questions, et nous étions finalement une dizaine à nous lancer.

Est-ce difficile de jongler entre les cours à HEC et les cours à l’HELMO Gramme ?

Je ne sais pas si on peut dire que c’est difficile de jongler entre les cours des deux établissements. Ce qui est difficile au début c’est surtout de retrouver des cours plus techniques et appliqués que ceux que l’on a pris l’habitude de suivre à l’université. Mais c’est aussi très agréable car on voit directement l’utilité de certaines théories quand on les met en pratique. Les enseignants de l’HELMO Gramme sont très compétents et conscients que nous n’avons pas eu le même parcours que leurs étudiants. Ils ont su s’adapter pour voir l’ensemble de la matière tout en étant à l’écoute et en nous apportant leur aide quand cela était nécessaire.

Pour toi, quels sont les points positifs et les points négatifs de ce double master ?

Les points positifs sont nombreux. Comme je l’ai dit, les professeurs sont très à l’écoute et disponibles pour nous aider lorsque des difficultés sont rencontrées. Les cours sont très diversifiés et ont été choisis pour que nous puissions avoir de la pratique : travaux sur des logiciels en technique graphique et sur Matlab en télécommunication, des laboratoires de chimie, de conversion d’énergie, d’automates programmables, mais aussi du tournage dans l’atelier. C’est vraiment agréable Pour les points négatifs du double master, je dirais qu’en étant les premiers à nous lancer, nous avons parfois des petits soucis de mise en place. Malgré une bonne organisation, il arrive que l’on se rende compte qu’il nous manque des acquis pour un cours. Cependant, ces petits défauts seront évités pour les étudiants suivants car des solutions sont mises en place pour les pallier. En tant que futur étudiant potentiel du double diplôme, aucune inquiétude à avoir de ce côté-là !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à ceux qui veulent s’engager sur la même voie que toi ?

Je pense que c’est une chance de pouvoir tenter un double diplôme qui débouche sur un titre d’ingénieur de gestion et d’ingénieur industriel. Je ne dirais à personne que c’est facile et qu’on ne travaille pas, ce serait mentir. Par contre, je pense que cela en vaut vraiment la peine. Il ne faut pas avoir peur de se lancer sachant qu’il y a un bon suivi de la part des enseignants. Avec ce master, nous apprenons énormément de choses et même si nous travaillons beaucoup, c’est toujours satisfaisant de voir que nous avons acquis des connaissances et que nous ouvrons notre esprit à d’autres domaines. Si vous avez des a priori ou des craintes, n’hésitez pas à venir parler avec des étudiants de master 2 ou avec Monsieur Deneye.

 

Le Master en Digital Business 


Pour le dernier double master existant à HEC, nous avons contacté Leyla Damoisaux-Delnoy. Elle aussi aspire à devenir une future double diplômée en suivant une formation alliant la gestion d’une part et l’informatique d’autre part.

Pourquoi ce master plutôt qu’un autre ? Quelles étaient tes motivations au départ ?

En entrant à HEC, je pensais plutôt me tourner vers la finance. Le master en Supply Chain me plaisait bien aussi. Et puis, en 2ème BAC, on a eu le cours d’informatique de Mr. Schyns. Ce cours a été une véritable révélation pour moi. Je ne me suis jamais autant donnée pour un projet que pour celui que nous avons dû réaliser dans ce cours. Quand j’ai entendu parler de ce double master qui mêlait les cours de gestion et les cours d’informatique, il m’a semblé tout naturel de me diriger vers celui-ci.

Leyla Damoiseaux

Selon toi, en quoi ce master se différencie-t-il des autres ? Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce master ?

Ce master est véritablement tourné vers l’avenir et les nouvelles technologies. Il a été conçu pour répondre à la demande de certaines entreprises qui recherchent des gestionnaires capables de comprendre et utiliser le langage informatique car aujourd’hui, les entreprises utilisent de plus en plus d’outils informatiques.

En faisant partie des premiers étudiants à faire cette double formation, on a l’impression d’être des initiateurs et de contribuer à l’évolution de notre société. De plus, ce master a un aspect plus créatif que les autres et tout en étant très bien encadrés, on a l’impression de jouir d’une grande flexibilité.

La charge de travail est-elle bien plus grande que pour un master simple ?

A l’heure actuelle, c’est encore difficile à dire. Je pense que le programme est fait pour qu’on ne se sente pas submergé pour autant. Je pense que c’est la raison principale pour laquelle l’accès à ce master est soumis à certaines conditions. Une personne avec trop de crédits résiduels aurait sans doute beaucoup de mal à gérer tous ces cours mais heureusement je ne suis pas dans le cas.Et puis, je suis vraiment passionnée par ce que je fais alors c’est un véritable plaisir de suivre les cours.

 


Article de C. Lemaire et P. Torres, KduC (Magazine des étudiants HEC Liège) de février 2018